Jeu et apprentissage
L'idée que l'on apprend en jouant est ancienne et souvent invoquée pour vendre des produits. Les travaux disponibles permettent de distinguer ce qui est établi de ce qui l'est moins.
Ce qui est établi
Le jeu libre développe la fonction exécutive, c'est-à-dire la capacité à planifier, à inhiber une impulsion et à maintenir son attention, compétences fortement liées à la réussite scolaire ultérieure. Le jeu de faire-semblant soutient le langage et la théorie de l'esprit, la capacité à se représenter ce que pense autrui. Le jeu partagé avec un adulte attentif produit davantage d'effets que le même jeu pratiqué seul.
Ce qui l'est moins
Les programmes d'entraînement cérébral et les jeux promettant d'augmenter l'intelligence ou la mémoire de travail montrent des gains sur la tâche entraînée et un transfert très limité à d'autres domaines. Ce constat, répété par plusieurs revues systématiques, invite à la prudence devant les promesses commerciales.
En pratique
Le meilleur jeu éducatif est celui auquel l'enfant joue longtemps et sur lequel il revient, et cela dépend davantage de son intérêt que du contenu pédagogique annoncé. L'ennui, souvent traité comme un problème à combler, est aussi le point de départ du jeu inventé.